[Photo &] Le fantasme de l’armée à la « B » de Park Ji-hoon… Analyse du raz-de-marée de « Le Cuisinier devient une légende »

En mêlant cuisine, jeux et armée, la série ajoute une touche audacieuse d’humour « B » et atteint la première place du nombre de contributeurs payants

‘Le Cuisinier devient une légende’ pose [Tving. Revente et bases de données interdites]
‘Le Cuisinier devient une légende’ pose [Tving. Revente et bases de données interdites]

Un fantasme militaire où l’on tient une spatule plutôt qu’une arme, écrire une nouvelle page du succès

L’armée, pilier d’une hiérarchie solidement ancrée dans la société sud-coréenne, évolue. En quittant les quartiers de service uniformes et répétitifs, la caméra braque désormais son objectif sur les unités spéciales, les angles morts des casernes. Au cœur de cette démarche, l’original Tving « Le Cuisinier devient une légende » a complètement renversé les codes du drame militaire, en racontant la trajectoire d’un appelé de première classe qui tient une spatule plutôt qu’une arme. Tirée du webtoon du même nom, la série a franchi le cap des 7 % d’audience, mais surtout, elle s’est hissée au centre du raz-de-marée en enregistrant, au sein de Tving, une performance écrasante de « premier rang du nombre de contributeurs payants » pendant trois semaines consécutives. Ce n’est pas un simple produit de « militerie » attendu, mais un conte de cuisine fantastique, porté par un sens du rythme et une inventivité qui accrochent parfaitement l’attention et la curiosité du public.

‘Le Cuisinier devient une légende’ l’acteur Park Ji-hoon [capture de la chaîne YouTube de tvN. Revente et bases de données interdites]
‘Le Cuisinier devient une légende’ l’acteur Park Ji-hoon [capture de la chaîne YouTube de tvN. Revente et bases de données interdites]

De « patient en attente de l’intérêt » à « légende », la quête de jeunesse façonnée par un système de jeu

Le moteur essentiel qui traverse la série est sans conteste le « système de jeu » : c’est lui qui donne le ton. Face au personnage principal Kang Seong-jae, lui aussi annoncé comme un problème pour l’unité, un écran d’état indiquant sa maîtrise en cuisine surgit, et l’intrigue s’emballe. De la gestion des ingrédients à la progression des affinités du supérieur, le récit, qui fait grandir les personnages comme dans une quête de RPG, s’accorde parfaitement avec les manques et les douleurs de croissance traversés par les jeunes d’aujourd’hui. En particulier, la métamorphose d’interprétation radicale proposée par l’acteur « Park Ji-hoon », connu pour son image sérieuse, a porté l’immersion au maximum. La stratégie de « gamification (Gamification) », qui greffe les règles du jeu sur des tâches du quotidien, a agi comme un coup de maître visant juste la catharsis des spectateurs.

‘Le Cuisinier devient une légende’ l’acteur Park Ji-hoon [Tving. Revente et bases de données interdites]
‘Le Cuisinier devient une légende’ l’acteur Park Ji-hoon [Tving. Revente et bases de données interdites]

La naissance de « l’ange de l’algue », un fantasme dont la barrière d’entrée est brisée par la comédie « B »

Les paramètres fantastiques qui auraient pu sembler puérils ont gagné une variation artistique grâce à une audacieuse et élégante « comédie « B » ». Les codes de l’humour, qui s’ajoutent à la lourdeur d’un drama d’antenne avec une touche d’imagination façon bande dessinée, font la force du morceau. La scène où le commandant, ému par le soupe au sea urchin et aux algues, et Kang Seong-jae, couvert d’algues, parodie un célèbre tableau « La Création du monde » provoque une réaction explosive chez les téléspectateurs, au point de faire naître l’expression « l’ange de l’algue ». Plus loin, la mise en scène qui emprunte à un film comme « The House of the Spirits » et à l’émission culinaire Netflix « Chef noir et blanc » assume pleinement la culture tendance des mèmes (Meme) et place la série au tout premier plan de la culture populaire. L’ajout d’une narration posée par le doubleur Kim Sang-hyeon donne aux éléments hétérogènes une harmonie parfaite.

‘Le Cuisinier devient une légende’ l’acteur Park Ji-hoon (à gauche), Lee Hong-nae [Tving. Revente et bases de données interdites]
‘Le Cuisinier devient une légende’ l’acteur Park Ji-hoon (à gauche), Lee Hong-nae [Tving. Revente et bases de données interdites]

Au sommet du genre hybride : une critique frontale du réel et l’avenir des drames militaires

Le véritable poids de l’œuvre dépasse la simple distraction : il consiste à disséquer avec acuité des maladies cloisonnées dans la caserne, comme les fraudes dans les livraisons militaires. L’adaptation s’appuie sur l’expérience vécue et très concrète du scénariste Choi Ryong, lui-même ancien cuisinier, qui sert de colonne vertébrale à la réalité et consolide la tenue du récit. Le succès du « genre hybride », qui fusionne l’armée, la cuisine et les jeux, est devenu une arme puissante qui a attiré un large public. Les nouveaux horizons ouverts par cette poussée de drames militaires débouchent sur une black comédie de réflexion sur le réel, « Shinbyeong4 : sabotage », à venir sur ENA, annonçant une expansion sans fin de l’univers « militerie ».

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