Lee Chang-dong présente sur Netflix le nouveau film « Une amour possible »… La Mostra de Venise l’inclut en compétition pour la première fois depuis 24 ans, avec une lutte pour le Lion d’or

Jeon Do-yeon et Sol Kyung-gu en tête d’affiche, une incursion en compétition après « Oasis » — 24 ans plus tard… en concurrence avec 20 œuvres dont « Look Back » de Hirokazu Kore-eda

Le film « Une amour possible » [d’après Netflix. Revente et bases de données interdites]
Le film « Une amour possible » [d’après Netflix. Revente et bases de données interdites]

Retour après 24 ans : le regard d’un maître se tourne à nouveau vers Venise

Le réalisateur Lee Chang-dong, maître incontesté du cinéma sud-coréen, est invité officiellement en compétition de la 83e édition de « La Mostra de Venise » avec son nouveau film « Une amour possible », lançant ainsi un grand périple vers le « Lion d’or ».

Le comité exécutif du Festival de Venise a annoncé, lors d’une conférence de presse officielle tenue le 23, la sélection de 20 films en compétition, dont « Une amour possible ». C’est un succès consécutif sur deux ans, après l’œuvre « Elimpossible » du réalisateur Park Chan-wook l’an dernier, et un jalon historique : c’est la 12e fois que la Corée atteint la compétition. En particulier, l’entrée du réalisateur Lee Chang-dong à Venise marque une rencontre mondiale qui capte l’attention du milieu cinématographique international : elle survient 24 ans après « Oasis », qui avait raflé en 2002 le prix du meilleur réalisateur et celui du meilleur acteur débutant.

Le réalisateur Lee Chang-dong [photo d’archives Yonhap News]
Le réalisateur Lee Chang-dong [photo d’archives Yonhap News]

Une esthétique de la faille et du désir : un ensemble achevé par Netflix et une affiche dorée

Le nouveau film « Une amour possible », qui fait suite à huit années de silence après « Burning » (2018), explore avec une profondeur particulière l’histoire de deux couples liés par la production d’un documentaire. Face à face, dans une mise en scène à la fois froide et subtile, des personnages placés aux antipodes l’un de l’autre : un ouvrier licencié et son épouse, d’un côté ; un réalisateur de documentaires et son mari, de l’autre, se confrontent à la singularité de leurs vies respectives et à leurs désirs secrets. La plateforme mondiale de streaming « Netflix » en assure l’ensemble de la production, et de grands acteurs du premier rang du cinéma sud-coréen — « Jeon Do-yeon », « Sol Kyung-gu », « Jo In-sung » et « Cho Yeo-jeong », notamment — se sont largement joints au projet, annonçant une synergie écrasante.

Alberto Barbera, directeur artistique du Festival de Venise, a déclaré : « Lee Chang-dong est l’un des plus grands cinéastes que la Corée ait jamais enfantés », avant d’ajouter : « Cette œuvre est née de l’inspiration tirée de l’un des épisodes du chef-d’œuvre du cinéaste polonais Krzysztof Kieślowski, « Les Dix Commandements » (1989) ». L’attente grandit : comment le regard du maître polonais, qui a exploré les dilemmes moraux de l’être humain, a-t-il été reinterprété dans l’univers de Lee Chang-dong ?

Le Festival de Venise [AP=photo d’archives Yonhap News]
Le Festival de Venise [AP=photo d’archives Yonhap News]

La bataille des grands noms du monde : reprendre le plus grand prix visé pour la première fois en 14 ans

L’île du Lido de Venise promet, cette année, une guerre des étoiles plus acharnée que jamais. Le réalisateur japonais Hirokazu Kore-eda rejoint lui aussi la compétition avec « Look Back », une adaptation filmée du manga éponyme de Tatsuki Fujimoto. Après avoir conquis le Festival de Cannes en mai, il entend désormais démontrer, jusqu’à Venise, la force du cinéma asiatique.

À cela s’ajoutent les nouveaux films de réalisateurs auteurs au palmarès redoutable qui se disputent le « Lion d’or » : « Ink » du réalisateur Danny Boyle, « Company » de Casey Appleek, « Bukiing Pastered » du réalisateur Werner Herzog et « Wild Horse Nine » du réalisateur Martin McDonagh, entre autres.

Fier de son prestige parmi les trois plus grands festivals au monde, le 83e Festival de Venise ouvrira ses portes du 2 au 12 septembre (heure locale). Quatorze ans après que le réalisateur Kim Ki-duk a soulevé pour la première fois le plus grand prix avec « Pietà » en 2012, la question est désormais de savoir si le réalisateur Lee Chang-dong et « Une amour possible » pourront eux aussi reproduire ce moment d’honneur, et l’attention du monde du cinéma se concentre.

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