![L’acteur Choi Min-sik [Fourniture Netflix. Revente et base de données interdites]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-07-03/2c63c015-4fb2-49c3-9af2-2eff9079250e.jpg)
Le poids de la langue qui mène au désastre, de « Oldboy » au « Garçon de la dernière rangée »
La série originale Netflix « Le garçon de la dernière rangée », portée par Choi Min-sik, fait ressurgir avec force l’écho laissé par « Oldboy », œuvre monumentale de l’histoire du cinéma coréen. L’homme qui avait perdu sa langue pour une seule phrase lâchée sans réfléchir se voit, dans cette nouvelle création, confier le rôle d’un intellectuel d’âge mûr dont la vie s’effondre tout entière, emportée par un langage encore une fois incontrôlé.
Choi Min-sik cite comme thème central, commun aux deux œuvres, le péché forgé par la bouche, autrement dit « Gu-eop ». Lui qui avait ri aux éclats face aux jugements des spectateurs, qui résument le désastre en affirmant que, même après la mutilation de la langue, il continue de mal parler et finit par ruiner sa vie, a mis en lumière en profondeur le carcan d’une destinée tragique portée par cette production. Là où la pièce originale et le film éponyme de François Ozon ont exploré la frontière entre voyeurisme et art, cette série, elle, se réinvente en thriller de suspense unique, en y greffant une tonalité coréenne, « la parole qui déclenche le feu ».
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L’anatomie d’un monde intérieur abjecte, le regard du maître qui traverse la nature humaine
Dans cette œuvre qui fait varier la pièce de Juan Mayorga, Choi Min-sik incarne « Heo Moon-o », un écrivain en échec et professeur de littérature coréenne. L’histoire, qui démarre par la fixation du personnage sur le génie de l’élève Lee Kang (interprété par Choi Hyun-wook), assis au tout dernier rang de la salle de cours, se transforme en vengeance personnelle à l’encontre du camarade d’université Kim Su-hun (interprété par Heo Jun-ho), autrefois objet d’admiration et de haine, et donne le coup d’envoi d’une préface de la ruine.
À travers le personnage de « Heo Moon-o », Choi Min-sik met à nu la faille la plus intime du for intérieur humain. En projetant sans retenue le visage nu fait de « complexes d’infériorité », d’un sentiment de défaite, et de cette « jalousie » incontrôlable, il a vécu une catharsis propre à son métier. S’y ajoute un souffle d’acteur bouleversant aux côtés de la jeune recrue « Choi Hyun-wook », son cadet de quarante ans : il accentue encore davantage la tension dramatique. Choi Min-sik confie avoir été traversé par un choc puissant, celui qui l’oblige à revisiter son passé, tout en adressant des éloges au jeu impressionnant du jeune comédien, déjà capable de maîtriser son art malgré son jeune âge.
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Un ensemble au-delà des générations, et la trajectoire d’un grand acteur qui pulvérise les préjugés
À la différence du professeur de l’intrigue, replié sur son dogmatisme et ses certitudes, Choi Min-sik dans la vie réelle fait preuve de souplesse et d’audace. Lors de la tournée de promotion du film « Exhumation », qui a écrit la légende des dix millions de spectateurs, son service de fan sans gêne d’un acteur déjà passé la soixantaine a entraîné l’enthousiasme d’un public dépassant les générations. On y lit nettement sa philosophie : faire de la « vérité », comprise comme l’échange avec le public plutôt que l’attention au regard des autres ou la considération de l’honneur, sa priorité absolue.
En applaudissant l’assurance des jeunes acteurs et en se réjouissant de la synergie avec eux, il affirme que de nouvelles stimulations viennent de l’attitude de ces cadets, qui n’hésitent pas et s’expriment avec aisance.
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Une vérité qui dépasse le box-office, et la prestance du maître qui achève une symphonie
Choi Min-sik a comparé le tournage de « Le garçon de la dernière rangée » à l’exécution d’une symphonie parfaite, où les répliques, riches d’une profondeur littéraire plutôt que d’un simple jeu, arrivent comme une seule note. Sa conviction qu’une œuvre remarquable se formera si l’on ne fait que jouer selon les indications de la partition vaut aussi comme un hommage à la qualité d’ensemble du scénario, lui-même déjà d’une perfection écrasante.
Son intention est claire : il ne peut pas ignorer le regard du public, mais il ne compte pas être prisonnier uniquement des performances au box-office. Le point d’arrivée où parvient ce maître, qui a tout connu, des nombreuses réussites à plus de dix millions de spectateurs aux amertumes des échecs commerciaux, se trouve finalement dans le bonheur au cœur du processus de travail et dans la « vérité » portée par l’œuvre. Sa marche, lourde et résolue, qui vise l’essentiel au-delà du box-office, prouve une nouvelle fois qu’elle constitue une racine solide qui soutient le cinéma sud-coréen.
« En vieillissant, je me dis : « Avec mon âge, combien de bonnes œuvres pourrai-je encore faire ? ». Je ne peux pas ne pas faire attention au regard du public, mais si je ne fais que regarder ce que pense le public, je finirais comme Heo Moon-o. Il faut que je puisse être heureux grâce à ce travail. Et je suis vraiment heureux d’avoir choisi Le garçon de la dernière rangée. J’ai aussi fait des films qui ont attiré dix millions de spectateurs, et j’ai aussi fait des films qui ont chuté au plus bas, mais l’essentiel, ce sont ma satisfaction et ma vérité. »

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