Concerts d’idoles : 80 billets raflés en une minute… le revendeur arrêté, entre produits de luxe, voiture de sport et liasses de billets

Un millier de comptes Telegram pour tout rafler, un logiciel d’automatisation maison lui a rapporté plus de 400 millions de wons en un an…

Le dispositif de sécurité d’un grand site sud-coréen de billetterie n’a pas résisté aux agissements minutieusement préparés d’un homme d’une trentaine d’années. Ce revendeur de billets au marché noir, qui s’était constitué une immense fortune en raflant les places de concerts d’idoles grâce à un programme d’automatisation conçu par ses soins, a finalement été interpellé. Derrière cette course effrénée, qui lui permettait d’obtenir jusqu’à 80 billets en une seule minute, se cachait un algorithme criminel savamment calculé.

La brigade de lutte contre la cybercriminalité de l’Agence de police d’Ulsan a annoncé le 26 avoir placé en détention A, 35 ans, avant de transmettre son dossier au parquet. L’affaire révèle au grand jour un réseau de cybercriminalité organisé et sophistiqué, bien au-delà d’une simple activité de revente de billets.

Produits de luxe découverts au domicile du revendeur [Fourni par l’Agence de police d’Ulsan. Toute revente et utilisation dans une base de données interdites]
Produits de luxe découverts au domicile du revendeur [Fourni par l’Agence de police d’Ulsan. Toute revente et utilisation dans une base de données interdites]

Plus de 1 000 comptes étrangers et un système automatisé à l’origine d’un « marché noir numérique »

L’enquête a établi qu’A avait sévi pendant un peu plus d’un an sur trois grandes plateformes sud-coréennes de réservation de billets. Au cœur de son dispositif figuraient 1 198 comptes ouverts au nom d’étrangers, qu’il avait achetés 30 000 wons l’unité via « Telegram ». Fort de connaissances en informatique acquises lorsqu’il travaillait dans le commerce électronique, il les a détournées pour concevoir lui-même un « macro » capable de neutraliser totalement le « CAPTCHA », le dispositif anti-achats frauduleux des plateformes de réservation. Le programme pouvait également publier automatiquement, à la seconde près, des annonces de vente sur des plateformes de seconde main. Il a ainsi mis en place un écosystème illégal permettant d’acheter et de revendre 70 à 80 billets en une minute.

Liasses de billets saisies au domicile du revendeur [Fourni par l’Agence de police d’Ulsan. Toute revente et utilisation dans une base de données interdites]
Liasses de billets saisies au domicile du revendeur [Fourni par l’Agence de police d’Ulsan. Toute revente et utilisation dans une base de données interdites]

Jusqu’à 13 fois le prix : le revendeur et le sort des 200 millions de wons en liquide dans son coffre

Avec cette méthode, A a écoulé plus de 1 700 billets au marché noir. Il les vendait au moins trois fois leur prix d’origine et pouvait multiplier celui-ci par 13, affichant jusqu’à 2,73 millions de wons par billet. Son bénéfice net dépassait 420 millions de wons. Lors de son arrestation, son domicile à Séoul ressemblait à une forteresse du luxe bâtie avec les fruits du crime. Des montres de luxe, des bijoux et des chaussures haut de gamme en édition limitée ont été découverts en grand nombre dans toutes les pièces, tandis qu’une voiture de sport importée stationnait dans le garage.

La police a immédiatement saisi les quelque 200 millions de wons en liquide conservés dans le coffre-fort du domicile et demandé le gel conservatoire, avant mise en accusation, de la totalité des 420 millions de wons identifiés comme « produits du crime ». Cette mesure illustre la volonté résolue des enquêteurs de couper à la source les gains économiques tirés des activités illégales.

L’affaire ne s’arrête pas là. La police a découvert qu’A achetait en grande quantité des identités étrangères sur « Telegram » et transférait régulièrement de l’argent à une personne précise. Elle élargit donc ses investigations afin de déterminer si des complices ou des commanditaires sont impliqués. Les enquêteurs ont également confirmé que le « macro » utilisé pour les faits automatisait intégralement le paiement par carte bancaire. Ils ont officiellement demandé aux sociétés émettrices concernées de corriger les failles critiques de leur procédure d’autorisation des paiements.

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