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[En images] Ed Atkins présente « One Day in Space », sa première exposition personnelle en Corée… 40 000 images captées chaque minute

Présentée jusqu’au 31 octobre chez Gladstone, à Hannam-dong, l’exposition montre notamment la vidéo en accéléré « Passive Mech », inédite en Corée du Sud

« One Day in Space » d’Ed Atkins… 40 000 images captées chaque minute

L’artiste britannique Ed Atkins, 44 ans, figure singulière de l’art contemporain, explore avec gravité le passage du temps et la disparition de l’existence dans sa première exposition personnelle en Corée du Sud, « One Day in Space ». L’exposition a ouvert ses portes chez « Gladstone », à Hannam-dong, à Séoul.

Vue de l’exposition « One Day in Space » d’Ed Atkins [Avec l’aimable autorisation de Gladstone. Reproduction et archivage interdits]
Vue de l’exposition « One Day in Space » d’Ed Atkins [Avec l’aimable autorisation de Gladstone. Reproduction et archivage interdits]

40 000 instants arrachés aux strates du temps

Œuvre centrale de l’exposition, « Passive Mech » est une vidéo en accéléré née de l’observation minutieuse de l’artiste. Après avoir installé devant sa résidence d’été une scène en carton qu’il avait construite lui-même, Ed Atkins a fixé une caméra à la fenêtre de la chambre de sa fille et enregistré le paysage chaque minute, recueillant pas moins de 40 000 images.

La structure provisoire se désagrège silencieusement au gré du cycle des saisons, de l’hiver au printemps. Sans qu’aucun événement spectaculaire ne survienne, cette scène qui s’effondre donne à voir le grand cycle naturel de la création et de la disparition, de la croissance et de la mort.

Vue de l’exposition « One Day in Space » d’Ed Atkins [Avec l’aimable autorisation de Gladstone. Reproduction et archivage interdits]
Vue de l’exposition « One Day in Space » d’Ed Atkins [Avec l’aimable autorisation de Gladstone. Reproduction et archivage interdits]

Le quotidien entre au musée et touche à la mémoire

Les images qu’Atkins a sélectionnées parmi ces dizaines de milliers de prises ont été accrochées dans l’espace d’exposition après avoir fait l’objet de procédés d’impression et de tirage variés. Le contraste saisissant entre des objets à la texture brute, comme façonnés à la maison, et les cadres raffinés propres au musée s’impose au regard.

« La technologie ne se limite pas au domaine scientifique : elle est l’ensemble des formes d’expression engendrées par le langage et la civilisation », a déclaré l’artiste. Il s’agit, a-t-il ajouté, de « suivre la manière dont cette technologie fait varier ce que nous cherchons à transmettre ». Ed Atkins a également expliqué avoir voulu « restituer la trajectoire et l’histoire de l’évolution de la photographie vers la vidéo », soulignant que « la photographie est un puissant médium qui restaure l’émotion et rend la « mémoire » tangible ».

Vue de l’exposition « One Day in Space » d’Ed Atkins [Avec l’aimable autorisation de Gladstone. Reproduction et archivage interdits]
Vue de l’exposition « One Day in Space » d’Ed Atkins [Avec l’aimable autorisation de Gladstone. Reproduction et archivage interdits]

Les traces pesantes de l’absence laissées par les corps disparus

La série de « frottages » qui occupe un pan de l’exposition s’attache avec obstination au vide laissé par les êtres. L’artiste a posé des feuilles de papier sur les draps laissés par les enfants après leur départ pour l’école, puis en a relevé fidèlement les plis en les frottant au graphite.

Les rides du tissu apparaissent nettement, mais la chaleur et le corps qui l’habitaient se sont évaporés. Les seules traces restantes font ainsi paradoxalement ressurgir ce qui a disparu. « Quand la photographie grave un instant dans la lumière, le frottage est un geste qui atteste la surface par la « pression et le frottement » de la main », a expliqué Atkins, développant une réflexion philosophique sur la main qui se substitue à la lumière.

Vue de l’exposition « One Day in Space » d’Ed Atkins [Avec l’aimable autorisation de Gladstone. Reproduction et archivage interdits]
Vue de l’exposition « One Day in Space » d’Ed Atkins [Avec l’aimable autorisation de Gladstone. Reproduction et archivage interdits]

Un essai mémoriel tissé à partir d’un quotidien fragmenté

Une autre série retient l’attention : des travaux d’« assemblage » qui recomposent des objets aussi ordinaires que des boîtes de céréales et des cartes illustrées d’animaux. Ces fragments de jeux, consommés dans l’espace privé du foyer, sont transplantés dans l’espace public du musée et élevés au rang de strates mémorielles pesantes. Atkins définit cette exposition comme « un essai qui médite sur la nature du temps et plonge dans les profondeurs du médium de la « photographie » ».

Ed Atkins explique une œuvre lors de son exposition personnelle « One Day in Space », organisée chez Gladstone, à Hannam-dong, à Séoul
Ed Atkins explique une œuvre lors de son exposition personnelle « One Day in Space », organisée chez Gladstone, à Hannam-dong, à Séoul

Le regard d’un maître de la scène internationale, jusqu’à la fin octobre

Né à Oxford, au Royaume-Uni, et installé à Copenhague, au Danemark, Ed Atkins est un artiste suivi de près par de grandes institutions internationales, parmi lesquelles le New Museum de New York, MoMA PS1 et la Serpentine Gallery de Londres. Il s’est également imposé dans de grands rendez-vous artistiques internationaux, comme la Biennale de Venise.

Visible jusqu’au 31 octobre, l’exposition, qui abolit les frontières entre le temps et la mémoire, offre l’occasion d’observer directement les nouveaux débats qui traversent l’art contemporain.

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