![Le réalisateur Lee Chang-dong et les acteurs sur le tapis rouge de la première mondiale d’« Un amour possible » au festival de Venise [EPA=Yonhap News. Reproduction et archivage interdits]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-09-07/51516c90-0892-4859-b2a3-b1e566b961da.jpg)
Le retour d’un maître, un regard grave sur une époque marquée par la perte
Le nouveau film du réalisateur Lee Chang-dong, « Un amour possible », a été présenté en première mondiale au 83e festival de Venise, rompant huit années de silence. Pendant 164 minutes, le film observe avec intensité les vies croisées de deux couples et explore l’essence de la dignité et de la liberté que l’être humain a perdues dans la société contemporaine.
Lors de la conférence de presse officielle organisée le 6, heure locale, sur l’île du Lido, à Venise, le réalisateur a déclaré : « Le film est le fruit d’une réflexion intense sur les relations humaines, fondamentalement rompues après la pandémie de Covid-19, et sur le rôle de médiation du cinéma. » Le regard acéré porté sur les blessures de son époque dans « Peppermint Candy », « Oasis » et « Secret Sunshine » reste à l’œuvre dans ce nouveau film.
![Le film « Un amour possible » [avec l’aimable autorisation de Netflix, reproduction et archivage interdits]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-09-07/9041858b-33e7-4172-813c-4376954810e5.jpg)
Une solidarité née des fissures, l’étrange ensemble de deux couples qui se déchirent
Au cœur du récit se trouvent Ho-seok (Seol Kyung-gu), un travailleur licencié, son épouse Mi-ok (Jeon Do-yeon), ainsi que Ye-ji (Jo Yeo-jeong), une réalisatrice de documentaires qui cherche à filmer leur vie, et Sang-woo (Jo In-sung), son mari capitaliste. Leur rencontre bancale, née dans la salle des funérailles d’un collègue, les conduit jusqu’à la résidence d’été privée de Sang-woo, où elle fait naître de subtiles dissonances.
Même face à la trahison de la vie, Mi-ok fredonne « Je ne connais rien d’autre que l’amour » de Shim Soo-bong, tandis que Ho-seok, portant en lui une douleur purulente, implore le droit de survivre. Tous deux dégagent une vitalité désespérée. À l’inverse, le désir aveugle de Ye-ji pour ses sujets et celui de Sang-woo, qui soutient son épouse dans la logique du capital, accentuent la tension dramatique. Le voyage de 164 minutes, au cours duquel deux mondes dissemblables s’affrontent puis se mêlent, contient une énergie à la fois silencieuse et explosive.
![Jeon Do-yeon signe des autographes lors du tapis rouge du festival de Venise pour « Un amour possible » [Reuters=Yonhap News. Reproduction et archivage interdits]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-09-07/a2055a3b-97d1-4de1-a5cc-dbb2873f8208.jpg)
Des personnages qui s’imposent à l’écran, une esthétique du jeu qui dépasse les limites
Le point ultime que le film cherche à atteindre est la « liberté ». La trajectoire rugueuse de personnages qui, même au cœur des contradictions structurelles, se relèvent en titubant témoigne de la dignité propre à l’être humain. Jeon Do-yeon et Seol Kyung-gu ne se contentent pas d’interpréter leurs rôles : ils respirent comme les personnages eux-mêmes. Leur fusion avec leurs rôles est si complète que le réalisateur les a qualifiés de « ces personnages, tout simplement ».
Les visages à la fois déroutants et fascinants de Jo Yeo-jeong et Jo In-sung, qui incarnent un couple de réalisateurs de documentaires, portent encore plus haut l’aboutissement esthétique du film. La direction artistique et la musique, tissées avec précision, servent elles aussi de puissants ressorts à l’immersion du public et lui procurent une expérience saisissante.
![Jo Yeo-jeong pose lors du tapis rouge du festival de Venise pour « Un amour possible » [AFP=Yonhap News, photo d’archives. Reproduction et archivage interdits]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-09-07/1edc02e5-45c6-4668-8d60-816e8f1e4c36.jpg)
Un chef-d’œuvre suivi par le monde entier, un grand voyage vers les Oscars
« Un amour possible » a été invité successivement au festival de Venise, au Festival international du film de Toronto et au BFI London Film Festival, annonçant un phénomène à l’échelle mondiale. Le film a surtout été choisi pour représenter la Corée du Sud l’an prochain dans la catégorie du meilleur film international aux Oscars, confirmant la puissance du cinéma coréen de qualité.
Le jour de la première mondiale, le réalisateur et les quatre acteurs principaux, vêtus de tenues coordonnées noir et blanc, ont foulé le tapis rouge du Palazzo del Cinema et répondu par des sourires détendus aux flashes venus du monde entier. Ce chef-d’œuvre, qui signe le retour du maître, sortira le 23 dans certains cinémas en Corée du Sud avant d’arriver le 6 novembre dans les foyers du monde entier sur « Netflix ».

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