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Lee Chang-dong remporte le prix Ebert pour « Un amour possible », premier film coréen distingué… Seol Kyung-gu livre une confession surprenante après 23 ans

Le nouveau film du réalisateur, le premier en huit ans, sera présenté au Festival de Toronto, avec Jo In-sung et Jo Yeo-jeong au casting, avant sa mise en ligne sur Netflix le 6 novembre

Le maître du cinéma coréen « Lee Chang-dong » a séduit l’Amérique du Nord avec son nouveau film, « Un amour possible ». Il a de nouveau confirmé son statut international en devenant le premier réalisateur coréen à recevoir le « prix du réalisateur Roger Ebert » au Festival international du film de Toronto (TIFF).

L’équipe de « Un amour possible » au 51e Festival international du film de Toronto [Netflix et Shutterstock. Reproduction et archivage interdits]
L’équipe de « Un amour possible » au 51e Festival international du film de Toronto [Netflix et Shutterstock. Reproduction et archivage interdits]

À l’ère de la perte de l’humain, le regard acéré du cinéma

Selon Netflix, Lee Chang-dong a reçu le trophée d’honneur le 13, heure locale, lors des Tribute Awards du TIFF, organisés à l’hôtel Fairmont Royal York de Toronto, au Canada. Cette distinction rend hommage au critique américain Roger Ebert et récompense les pionniers dont la vision originale a marqué un tournant dans l’histoire du cinéma. La remise du prix a pris une dimension particulière avec la présence de son acteur fétiche, « Seol Kyung-gu », qui avait déjà travaillé avec lui sur « Peppermint Candy » (2000) et « Oasis » (2002), avant de le retrouver pour ce nouveau film. Sur scène, le réalisateur a déclaré : « Je reçois ce prix comme un encouragement solennel à continuer de faire des films sans jamais transiger. »

Il a également souligné : « À une époque où l’intelligence artificielle (IA), dépourvue de conscience de soi, s’impose et où les êtres humains perdent eux-mêmes leur identité, le cinéma doit continuer à explorer l’humain, qui demeure un territoire inconnu. » Présenté pour la première fois au public nord-américain le 14 au Princess of Wales Theatre, « Un amour possible » s’inscrit dans le prolongement de cette philosophie. Le film élargit au-delà du contexte coréen la crise d’une époque où la valeur du travail s’estompe, pour en faire une question universelle de l’humanité, estiment les observateurs.

Le réalisateur Lee Chang-dong, lauréat du prix du réalisateur Roger Ebert du TIFF [Netflix et Shutterstock. Reproduction et archivage interdits]
Le réalisateur Lee Chang-dong, lauréat du prix du réalisateur Roger Ebert du TIFF [Netflix et Shutterstock. Reproduction et archivage interdits]

Affrontement des classes et visage nu du désir, une esthétique portée par un ensemble d’acteurs

Le film suit Ye-ji (« Jo Yeo-jeong »), réalisatrice de documentaires mariée à Sang-woo (« Jo In-sung »), un riche capitaliste. Elle filme un couple de travailleurs licenciés au bord du gouffre : Ho-seok (« Seol Kyung-gu ») et son épouse (« Jeon Do-yeon »). La confrontation entre ces deux classes aux antipodes donne lieu à une intense bataille psychologique, au cours de laquelle chacun se retrouve face aux désirs cachés et aux tréfonds glacials de l’autre.

L’équipe de « Un amour possible » au 51e Festival international du film de Toronto [Netflix et Shutterstock. Reproduction et archivage interdits]
L’équipe de « Un amour possible » au 51e Festival international du film de Toronto [Netflix et Shutterstock. Reproduction et archivage interdits]

Des retrouvailles après 23 ans et de nouveaux visages qui transforment le tournage du maître

Lors de la séance de questions-réponses qui a suivi la projection, les acteurs ont livré des témoignages particulièrement vivants. Seol Kyung-gu, qui incarne le travailleur licencié, a expliqué avoir « essayé de faire resurgir les souvenirs intenses d’il y a 23 ans ». Mais il a aussi décrit une atmosphère de tournage radicalement différente : « Contrairement à l’ambiance solennelle de l’époque, l’arrivée de nouvelles énergies, celles de Jo In-sung et de Jo Yeo-jeong, a rendu le tournage étonnamment joyeux et émouvant. »

Jo In-sung, qui interprète Sang-woo, l’héritier d’un conglomérat, a raconté : « Je voulais briser le moule du capitaliste stéréotypé. Sans fixer de réponse toute faite, j’ai échangé avec le réalisateur avec intensité et j’ai pu savourer une liberté d’interprétation totale. » Jo Yeo-jeong, qui joue Ye-ji, personnage considéré comme le double du réalisateur, a confié : « La pression était forte, car je devais incarner le regard du metteur en scène. Mais l’environnement qu’il a créé m’a permis de respirer pleinement à travers le personnage et de dépasser mes limites. »

Avec « Un amour possible », Lee Chang-dong met fin à huit années de silence depuis « Burning » (2018). Le film avait déjà été annoncé comme un chef-d’œuvre en remportant le Grand Prix du jury de la compétition de la 83e Mostra internationale du film de Venise. Porté par les éloges de la critique internationale, il sortira officiellement dans les salles sud-coréennes le 23 et sera disponible dans le monde entier sur Netflix le 6 novembre.

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