
Le dilemme humain le plus brûlant, façonné par la technologie la plus froide
Après avoir imposé un univers singulier avec le film « La Colonie » cette année, le réalisateur Yeon Sang-ho revient avec « Le paradis perdu », un nouveau film indépendant dont le budget de production s’élève à environ 500 millions de wons. Prévu en salles le 21 du mois prochain, le film raconte les bouleversements qui surviennent lorsqu’une mère, qui s’est appuyée sur un programme d’intelligence artificielle (IA) pour surmonter son chagrin après la disparition de son fils, retrouve neuf ans plus tard un garçon qui lui est étranger. Lors de la conférence de présentation organisée le 18 septembre au CGV Yongsan I’Park Mall de Séoul, le réalisateur Yeon Sang-ho a déclaré que « la réalité virtuelle et l’IA ne relèvent plus d’un avenir lointain, mais constituent désormais des enjeux qui nous touchent directement ». Il a expliqué, en faisant référence au poème épique du même nom de John Milton, l’angoisse existentielle de l’être humain chassé d’un paradis virtuel parfaitement contrôlé et confronté à une réalité inconfortable.
![Affiche du film « Le paradis perdu » [Fournie par CJ ENM. Reproduction et archivage interdits]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-09-18/23823f41-e4b3-4b4f-83c0-e378b99a616b.jpg)
Le miracle né d’un mémo de trois pages écrit par une mère
L’histoire de la naissance de « Le paradis perdu » est singulière. Un mémo de trois pages, écrit distraitement au crayon par la mère du réalisateur pendant les fêtes, a servi de germe à un univers gigantesque. Cette idée originale est passée par le roman « Black Inferno » de l’écrivain Oh Seong-eun avant d’être portée à l’écran au terme de trois adaptations. Comme son précédent film, « Visage », le projet a été achevé avec un budget exceptionnellement limité, de l’ordre de 500 millions de wons. Le réalisateur a expliqué avoir pu s’affranchir de la pression des investisseurs extérieurs et jouir d’une liberté créative totale. Une confidence qui annonce la naissance d’un film indépendant ambitieux, davantage attaché à la profondeur du récit qu’à la logique du capital.
![L’équipe de « Le paradis perdu » au 51e Festival international du film de Toronto [Fournie par CJ ENM. Reproduction et archivage interdits]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-09-18/e51bc24d-0016-4862-a71b-3c0c5b536118.jpg)
Une émotion universelle qui a séduit Toronto, des larmes au-delà des frontières
La valeur du film a d’abord été reconnue à l’étranger. Invité dans la section des présentations spéciales du 51e Festival international du film de Toronto, « Le paradis perdu » a affiché complet lors de ses quatre séances officielles. Le film a notamment suscité une émotion si forte que des journalistes de la presse étrangère ont fondu en larmes pendant les interviews. Même le réalisateur, qui s’attendait à une réception très contrastée en raison de la noirceur du récit et de son dénouement audacieux, n’a pas caché sa surprise : « Cette hypothèse ancrée dans la vie quotidienne a créé, au-delà des langues et des cultures, un puissant sentiment d’identification. »
![Le film « Le paradis perdu » [Fournie par CJ ENM et Wow Point. Reproduction et archivage interdits]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-09-18/57bb6eab-bcd2-4fe5-b616-721b1c088aed.jpg)
La somme de 30 ans de métier, un visage qui plonge dans les abysses
Déjà devenue l’une des actrices emblématiques de l’équipe de Yeon Sang-ho grâce aux séries « Enfer » et « Jung_E », Kim Hyun-joo tient le rôle de So-young, une mère qui reconstitue son fils grâce à l’IA. Dans une collaboration étroite avec une équipe soudée comme une association universitaire, elle a composé avec finesse les abysses d’une maternité si difficile à exprimer. Le réalisateur affirme que « l’essence du jeu propre à Kim Hyun-joo, forgée en 30 ans, va exploser à l’écran ». La critique suit donc de près la trajectoire émotionnelle, à la fois désespérée et glaciale, que l’actrice s’apprête à livrer.
![Le film « Le paradis perdu » [Fournie par CJ ENM et Wow Point. Reproduction et archivage interdits]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-09-18/6bfb935c-4248-48f9-90a1-ff186092bc6e.jpg)
Une transformation radicale, la découverte d’un nouveau talent appelé à s’imposer à l’écran
Le rôle de Seon-woo, le fils revenu avec un regard glacial, a été confié à l’acteur Bae Hyun-sung. Pour son premier rôle principal au cinéma, il efface complètement l’image lumineuse et rafraîchissante qui le caractérisait dans ses précédents projets. Le réalisateur promet qu’il « montrera un visage totalement différent de celui qu’il a présenté jusqu’à présent ». Sa prestation dans ce personnage complexe, qui inspire simultanément étrangeté et inquiétude, fait espérer l’ascension d’un nouveau talent que le cinéma coréen devra suivre.

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