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« Heart of the Beast » : un vétéran et son chien de guerre aux prises avec une nature aussi belle qu’hostile — notre avis après la projection presse

Affiche du film « Heart of the Beast » [Fournie par Lotte Entertainment. Revente et utilisation en base de données interdites]
Affiche du film « Heart of the Beast » [Fournie par Lotte Entertainment. Revente et utilisation en base de données interdites]

Difficile d’imaginer pire coup du sort. James (Brad Pitt), un vétéran, et Odin, son chien de guerre, se retrouvent en pleine nature après l’atterrissage d’urgence de leur avion. La route la plus proche est à 80 km : ils doivent survivre au froid, aux animaux sauvages et à tout ce que la nature leur réserve.

Avec 〈Heart of the Beast〉, dont il tient le rôle principal et assure la production, Brad Pitt retrouve David Ayer, le réalisateur de 〈Fury〉. Le film se concentre sur un homme et un animal livrés à eux-mêmes dans la nature. Dans une région reculée de l’Alaska où personne ne passe, chacun doit compter sur l’autre pour rentrer. Les deux partenaires y parviendront-ils ? Voici notre avis sur 〈Heart of the Beast〉, découvert lors d’une projection de presse le 21 octobre, avant sa sortie le 28 octobre.


〈Heart of the Beast〉
〈Heart of the Beast〉

〈Heart of the Beast〉 repose sur trois éléments, pas un de plus : Brad Pitt, Odin, incarné par Uber et trois autres chiens, et la nature. Puisqu’il raconte le sort de compagnons abandonnés dans une région isolée, le film s’en tient à ces trois piliers jusqu’au bout. J.K. Simmons, visage familier du public, fait une brève apparition, mais son personnage se retire avant que l’intrigue ne prenne véritablement son essor : Brad Pitt porte donc, dans les faits, le film à lui seul. Et il s’acquitte remarquablement de cette lourde tâche. Il donne à voir, dans un corps désormais abîmé par l’âge, les éclairs d’ingéniosité du soldat et les regrets liés à son passé, sans jamais laisser retomber l’intérêt du spectateur.

Autre particularité de 〈Heart of the Beast〉 : Odin, son partenaire, est lui aussi un ancien chien de guerre. Dès l’ouverture, le film montre la nature à travers ses yeux, soulignant que ce récit est autant le sien que celui de James. Comme James, Odin souffre parfois de stress post-traumatique et entend des coups de feu dans son sommeil. Cette seule scène suffit à nous serrer le cœur face aux épreuves traversées par les chiens de guerre. Les chiens qui incarnent Odin se distinguent tout au long du film. En contrepoint, 〈Heart of the Beast〉 n’oublie pas les paysages paisibles et immenses qui les entourent. Pour James et Odin, cette nature est certes un adversaire à surmonter ; en soi, pourtant, elle ne fait qu’exister et n’a rien de malveillant. Le film le rappelle en donnant toute sa place à son immensité.

〈Heart of the Beast〉
〈Heart of the Beast〉

S’il emprunte globalement les codes du film de survie, 〈Heart of the Beast〉 est aussi un road movie centré sur deux protagonistes qui ont connu le front. Leur objectif final est bien de « rejoindre une route à 80 km ». En chemin, leurs souvenirs de guerre les tourmentent, mais l’expérience acquise sur le terrain les aide aussi à survivre. Leur passé n’est pas entièrement raconté, mais les images et les sons en transmettent assez vivement la force pour que le spectateur devine ce qu’ils ont vécu. Après de telles épreuves, difficile de ne pas espérer les voir surmonter cette nouvelle crise, survenue alors qu’ils avaient retrouvé des jours paisibles.


〈Heart of the Beast〉
〈Heart of the Beast〉

Les limites de 〈Heart of the Beast〉 n’en restent pas moins assez nettes. Plus proche du road movie que d’un film de survie multipliant les situations dramatiques, il ne propose guère de péripéties originales ou variées. Ce choix d’une représentation relativement réaliste conduit les deux personnages à affronter des situations et à trouver des solutions déjà familières aux amateurs du genre. Ceux qui en attendaient de la nouveauté risquent d’être quelque peu déçus. Enfin, le parcours de survie de ce soldat et de son chien, tous deux atteints de stress post-traumatique, débouche sur un hommage à ceux qui ont combattu pour leur pays. Comme il s’agit de l’armée américaine, cet hommage pourra sembler un peu appuyé au public coréen.

〈Heart of the Beast〉
〈Heart of the Beast〉

〈Heart of the Beast〉 affiche clairement ses ambitions. À partir d’une situation simple — une lutte pour survivre en pleine nature —, il cherche manifestement à donner toute leur force à la vie et aux liens qui unissent ses personnages. En choisissant pour héros un vétéran et un chien de guerre, il vise aussi une forme de sensibilisation, embrassant ainsi plusieurs dimensions. Mais, ce faisant, il néglige certains aspects du genre qu’il revendique, ce qui risque de diviser les spectateurs. Comme le promet David Ayer, « toutes les souffrances physiques que vous voyez sont bien réelles ». La douleur de cette épreuve est indéniable ; on ne peut pourtant pas dire que le film parvienne à conjuguer de façon convaincante le plaisir haletant du genre et le message qu’il entend construire à partir de lui.

Porté par l’interprétation de Brad Pitt, le partenariat entre un soldat et son chien de guerre et la beauté froide de la nature sauvage d’Alaska, 〈Heart of the Beast〉 sortira le 28 octobre.

Seong Chan-eol, journaliste à Cineplay

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