Le pouvoir du petit écran se déplace. Ceux que le poids des épaules de “pères de famille” ordinaires, chargés de faire vivre leur foyer, avait écrasés, se transforment aujourd’hui en “héros de la quarantaine” : au moment du danger, leur fauve endormi se réveille. Dans l’étau du quotidien, le récit de ces gens ordinaires qui, réprimés dans la vie de tous les jours, déploient des capacités hors du commun pour punir le monde apporte un puissant sentiment de délivrance aux spectateurs et engendre un nouveau phénomène.
![Affiche de SBS ‘Kim Bu-jang’ [Fourni par SBS. Revente et base de données interdites]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-07-15/741a17b7-8e82-4a92-83de-0a1d2a3796b9.jpg)
Le “truc” parfait de la “banalité”, qui s’empare du petit écran
“Kim Bu-jang” est l’origine de ce coup de tonnerre. La série a empilé une pyramide d’or en enregistrant un record d’audience de 22,3 %, devenant ainsi la deuxième meilleure performance de SBS sur ses drames du vendredi et du samedi. Adaptée d’un webtoon populaire sur le petit écran, cette œuvre met en scène le processus par lequel Kim Bu-jang (incarné par So Ji-seop), ancien agent spécial, libère une fois pour toutes une instinctive maîtrise totale : face à la crise extrême que constitue la disparition de sa fille, il finit par lever le verrou qu’il avait soigneusement maintenu. Au bureau, c’était un collègue borné sans la moindre souplesse. À la maison, on le traitait comme un homme invisible. Et quand, à travers un vieil habit et ses lunettes, il laisse s’échapper une froide détermination, les téléspectateurs ressentent un “plaisir par procuration” extrêmement intense, celui qui aide à percer un réel étouffant.
![Image fixe de SBS ‘Kim Bu-jang’ [Extrait du site officiel de SBS. Revente et base de données interdites]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-07-15/67d2146e-2d67-4672-997f-8278442d218d.jpg)
La naissance des “Oncle Avengers”, le catharsis d’action né du collectif
Le MBC “Ohshipo (Cinquante pour cent)”, qui vient de s’achever, a lui aussi placé au premier plan le récit de trois trentenaires ayant enfoui un passé spectaculaire. Leur identité se cache derrière trois déguisements : le chef cuisinier d’un restaurant chinois de quartier, un cadre qui stagne depuis des années, et le patron d’une supérette miteuse. En réalité, ce sont des agents noirs de la NIS, des agents d’espionnage spéciaux nord-coréens, et une organisation criminelle légendaire. Le fait d’avoir dissimulé un univers extraordinaire dans des scènes éminemment ordinaires inscrit “Kim Bu-jang” dans la même trajectoire, sans aucune contradiction.
Le critique de la culture populaire Ha Jae-geun a estimé : « Les lourdes peines et la mélancolie du public de la génération de la quarantaine, pilier et colonne vertébrale de la République de Corée, ont visé juste en visant l’accord émotionnel du grand public. » Et d’ajouter : « À travers la riposte de ces personnages, le ‘plaisir’ fait exploser les émotions étouffées dans la réalité : c’est le moteur absolu de la réussite. »
Quand, auparavant, le tvN “My Mister” a capté la solitude et le poids de la vie chez les gens de la quarantaine avec un regard contemplatif, les méga succès récents mettent, eux, l’accent sur l’action dynamique que fait jaillir la ‘quarantaine en collectif’. Dans “Kim Bu-jang”, les “Oncle Avengers” rassemblent l’agent spécial Kim Bu-jang, Seong Han-su, médaillé d’or en taekwondo, et Park Jin-cheol, soldat déployé au front : leur coopération où l’on risque sa vie amplifie encore la puissance explosive du scénario.
Yoon Seok-jin, professeur au département de littérature coréenne de l’université Chungnam, a analysé : « Quand on transforme l’émotion universelle de l’amour paternel en un thriller d’action hard-boiled, la structure à trois personnages est une clé essentielle qui fait monter la qualité de l’œuvre. » Et il a ajouté : « La répartition minutieuse des rôles de chaque personnage maximise l’intensité d’adhérence du récit. »
![Affiche de MBC ‘Ohshipo (Cinquante pour cent)’ [Fourni par MBC. Revente et base de données interdites]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-07-15/828d8069-6598-4acc-a046-26ba8abce1b1.jpg)
Le croisement subtil entre le récit de “forçats cachés” et le vieillissement de l’audience
L’explosion de ces drames destinés aux tranches de la quarantaine et du milieu de vie ne constitue pas un hasard : elle résulte de la combinaison inévitable d’une réécriture intelligente des IP de webtoon et de la tendance au vieillissement du public qui regarde la télévision. Lee Seong-min, professeur au département de médias et de vidéo de la Korea National Open University (KNOU), estime : « Le récit ‘Heimsumsijjin’ (les “vrais” qui cachent leur puissance) transplanté dans le petit écran offre une vitesse écrasante et un catharsis. » Et il précise : « Cela forme une intersection parfaite avec les besoins de la tranche d’âge qui regarde davantage la télévision aujourd’hui. »
À partir du 31 de ce mois, tandis que MBC “Yubo-nyeo Killer (La tueuse mariée)” dévoile ses premières images, et avec l’offensive des ‘contenus tueurs’ qui s’appuient sur le charme inattendu des citoyens ordinaires, ces œuvres devraient s’installer, pour un moment encore, comme la méga tendance du petit écran. Face au grand mur de la réalité, ces “héros de la quarantaine” réveillent la bête endormie des gens de ce temps, puis frappent juste avec un coup qui réjouit : ils continueront, à l’avenir aussi, à marquer durablement l’esprit des téléspectateurs.

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