Le film biographique en deux volets sur le général de Gaulle, « La lutte du général de Gaulle », cartonne : près de 5 millions de spectateurs

« L’aspiration à un homme capable de rassembler »

Charles de Gaulle, président de France (à gauche) et Konrad Adenauer, chancelier de la République fédérale d’Allemagne [AP=photo d’archives Yonhap. Revente et bases de données interdites]
Charles de Gaulle, président de France (à gauche) et Konrad Adenauer, chancelier de la République fédérale d’Allemagne [AP=photo d’archives Yonhap. Revente et bases de données interdites]

Retour du « sauveur » que la France a fait revenir à l’écran, en pleine époque de division

La scène des salles françaises fait revivre, sur grand écran, un héros historique du pays et déclenche un engouement inhabituel. D’après le quotidien britannique The Guardian , le film biographique en deux volets « La lutte du général de Gaulle » , consacré de façon approfondie à la vie de l’ancien président français « Charles de Gaulle » , a rassemblé près de cinq millions de spectateurs depuis sa sortie en juin. Un score qui n’a rien à envier aux superproductions hollywoodiennes, comme la franchise « Spider-Man » .

Adapté d’un ouvrage de l’historien britannique Julian Jackson, le projet est titanesque : pas moins de 153,2 milliards de won (environ 80 millions de livres sterling) de budget de production. Au fil d’un temps de projection total pouvant atteindre trois heures par volet, le film retrace, à travers une narration ample, l’acharnement de « Charles de Gaulle » : il a su rassembler la « Résistance » face à l’invasion de l’Allemagne nazie durant la Seconde Guerre mondiale et préserver l’honneur de la France au cœur de l’étau des grandes puissances.

Le long métrage se compose de deux parties. Le premier volet, « L’âge du fer » , saisit d’abord la période de carrière de l’officier, quand de Gaulle traverse en 1940 jusqu’à Londres pour lancer un appel à la poursuite de la lutte, puis la création des « Forces françaises libres » , ainsi que la bataille acharnée des « combats de Bir-Hakeim » , où ses forces livrent une lutte sanglante pendant seize jours dans le désert libyen. Le deuxième volet, « J’écris ton nom » , met ensuite en lumière le processus de reconstruction difficile après la libération du pays, en 1944, et renforce encore la cohérence de l’ensemble narratif.

Les premières réactions du public en salles ont été tièdes. Mais le marketing viral, qui a mobilisé des influenceurs sur les réseaux sociaux, a parfaitement fonctionné et a déclenché la contagion par le bouche-à-oreille. Pour les spécialistes, toutefois, la véritable clé du succès du film se trouve dans l’état actuel de la société française, marquée par la « division politique » . À l’approche de l’élection présidentielle de l’an prochain, l’inquiétude d’une partie du public, ballotée entre l’extrême droite et l’extrême gauche, s’est transformée en nostalgie pour l’homme politique d’antan, celui qui avait mené la « réunification nationale » grâce à un charisme puissant.

L’historien Pierre Mankeanti a estimé que le film « apporte au public un profond réconfort au cœur de la crise nationale et lui fait ressentir, une fois la porte du cinéma franchie, « la fierté nationale » ». Le vice-président de la production chez Pathé Films, Nathalie Siowita, a également relevé : « Parmi les citoyens qui sombrent dans le désespoir entre extrémisme politique et radicalisation, beaucoup cherchent à l’écran le « sauveur » susceptible de les arracher à ce choix atroce ». Elle a ainsi mis en perspective le message social, lourd de sens, porté en filigrane derrière le succès du film.

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