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'Mariah Carey' et 'Taylor Swift' : Anthropic a entraîné son IA sur des chansons sans autorisation, Sony et Warner dénoncent « le plus grand vol de l’histoire »

Les maisons de disques réclament jusqu’à 200 millions de wons de dommages et intérêts par chanson ainsi que la destruction définitive des données, et soupçonnent une manipulation des informations de gestion des droits d’auteur

Mariah Carey [photo d’archives AP-Yonhap]
Mariah Carey [photo d’archives AP-Yonhap]

Le visage du vol de propriété intellectuelle et la dérive morale des géants de l’IA

Le géant mondial de l’intelligence artificielle Anthropic se retrouve au bord du gouffre, visé par des poursuites en droits d’auteur d’un montant considérable intentées par de grandes maisons de disques. Sony Music et Warner Chappell Music, notamment, ont engagé des poursuites judiciaires, accusant l’entreprise d’avoir utilisé sans autorisation, pour entraîner ses données, des chansons de pop stars sous contrat avec elles.

Selon la plainte déposée devant le tribunal fédéral du district nord de la Californie, ces maisons de disques affirment qu’Anthropic a illicitement détourné des dizaines de milliers de paroles et de partitions afin de les utiliser pour entraîner ses modèles d’IA. Les plaignants dénoncent « le vol de propriété intellectuelle le plus vaste et le plus éhonté de l’histoire » et réclament jusqu’à 150 000 dollars (environ 200 millions de wons) de dommages et intérêts punitifs pour chaque chanson copiée sans autorisation.

Des éléments révèlent également le recours massif à des livres piratés provenant de sites illégaux, à des fichiers numérisés et à des données collectées par exploration automatisée du Web. Des milliers de chansons mondialement populaires, parmi lesquelles « Paper Rings » de Taylor Swift, « All I Want for Christmas Is You » de Mariah Carey et « Livin’ on a Prayer » de Bon Jovi, auraient ainsi été victimes de cet entraînement non autorisé.

Taylor Swift [photo d’archives AP-Yonhap. Utilisable uniquement à des fins d’information. Usage commercial interdit. Interdiction d’utilisation en couverture]
Taylor Swift [photo d’archives AP-Yonhap. Utilisable uniquement à des fins d’information. Usage commercial interdit. Interdiction d’utilisation en couverture]

Des soupçons de dissimulation organisée et la pression pour détruire définitivement les données

L’alliance des maisons de disques a également formulé de graves soupçons : Anthropic aurait délibérément manipulé ou supprimé les informations de gestion des droits d’auteur (CMI) afin de dissimuler ses agissements illégaux. Résultat : lorsqu’un utilisateur du modèle d’IA Claude demandait les paroles d’une chanson précise, le système pouvait reproduire l’intégralité du texte sans même mentionner le nom de son auteur, générant ainsi de nombreuses atteintes graves aux droits.

Les plaignants demandent donc au tribunal non seulement d’importants dommages et intérêts, mais aussi la destruction définitive de l’intégralité de la base de données de paroles copiées illégalement et des fichiers d’entraînement constitués par Anthropic. La plainte vise non seulement la société, mais aussi plusieurs de ses dirigeants clés, dont son directeur général (CEO) Dario Amodei et son cofondateur Benjamin Mann, ce qui accentue le débat sur les responsabilités.

Anthropic avait déjà accepté de verser 1,5 milliard de dollars (environ 2 000 milliards de wons) à des auteurs dans le cadre d’un accord lié à l’utilisation sans autorisation de livres piratés pour entraîner ses modèles. Les maisons de disques reprochent à l’entreprise de « considérer les indemnités transactionnelles comme de simples coûts d’exploitation et de poursuivre ses pratiques illégales ». Anthropic, de son côté, maintient qu’elle « ne peut pas souscrire à ces accusations et se défendra vigoureusement devant la justice », laissant présager une bataille juridique acharnée.

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