![Le film « Silmido » [Photo d’archives, Yonhap]](https://cdn.www.cineplay.co.kr/w900/q75/article-images/2026-09-23/a922f66d-c085-4238-95cc-418343ece5b7.jpg)
Corriger une histoire déformée : la vérité sort de l’écran
Le film « Silmido », qui avait attiré plus de dix millions de spectateurs, a entièrement modifié les sous-titres d’introduction, 23 ans après sa sortie. Cette décision fait suite à la demande pressante du ministère de la Défense et de l’association des familles des victimes, qui estimaient que la présentation dramatique initiale des agents de l’unité comme des criminels particulièrement dangereux, notamment des « condamnés à mort », était manifestement contraire à la réalité historique.
Le ministère de la Défense a officiellement demandé en juillet dernier au distributeur CJ ENM de modifier les sous-titres, à la suite d’une pétition de l’association des familles des victimes de Silmido. Le distributeur, qui a reconnu sa responsabilité historique et accepté cette requête, applique officiellement les sous-titres corrigés aux versions proposées en vidéo à la demande et sur les autres services depuis le 4 de ce mois, a annoncé le ministère le 23.
Sorti en 2003, le film « Silmido », qui avait suscité un véritable phénomène, raconte la tragédie de l’unité spéciale de Silmido, placée sous l’autorité de l’armée de l’air et créée en 1968 pour préparer des représailles contre la Corée du Nord. Pour renforcer la tension dramatique, le film avait transformé ses membres en anciens détenus condamnés à la perpétuité ou en « condamnés à mort ». Mais une enquête approfondie de la commission chargée d’établir la vérité sur les affaires du passé a établi que l’immense majorité des 31 agents étaient en réalité des « civils » ordinaires.
L’ancienne version comportait déjà un sous-titre exonératoire précisant que « le contexte présenté est sans rapport avec la réalité ». Elle ne clarifiait toutefois pas l’origine réelle des membres de l’unité, ce qui a longtemps alimenté dans l’opinion une grave erreur historique : l’idée qu’ils étaient effectivement d’anciens « criminels ». Le nouveau sous-titre apporte une précision ferme et explicite : « Leur représentation comme des criminels particuliers, des condamnés à mort ou des détenus condamnés à perpétuité relève d’une mise en scène différente des faits historiques. Il est clairement établi que la plupart étaient des « civils » ordinaires. »
Un responsable du ministère de la Défense a souligné que cette correction « devrait constituer une étape majeure pour débarrasser les victimes et leurs familles d’une infamie qui leur a été accolée pendant plus d’un demi-siècle et contribuer à restaurer véritablement leur honneur ».
L’unité de « Silmido » a été créée secrètement en 1968, après l’infiltration surprise de la résidence présidentielle par des agents nord-coréens armés, le 21 janvier. Sur les 31 agents, 7 ont péri au cours d’un entraînement digne de l’enfer. Les 24 survivants ont ensuite été contraints de vivre détenus, totalement coupés du monde extérieur, pendant trois ans et quatre mois. En août 1971, alors qu’ils tentaient de s’évader au péril de leur vie pour protester contre des sévices inhumains, 20 d’entre eux ont été tués sur place. Les 4 derniers survivants ont connu une fin tragique : exécutés, puis enterrés clandestinement. Par ailleurs, le ministère de la Défense avait présenté en octobre dernier, lors de la cérémonie marquant le début des fouilles destinées à retrouver les dépouilles, des excuses officielles au nom du ministre, reconnaissant les fautes commises par l’État.

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