
Les critiques visant l’œuvre ont dégénéré en chasse aux sorcières aveugle et excessive
Alors que la polémique sur les distorsions historiques entourant le film « Assassin(s) » s’est transformée en vaste campagne de boycott visant son acteur principal, Yoo Hae-jin, ainsi qu’en manifestations devant son domicile, son agence et Choi Hwi-young, ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme, ont averti le 5 qu’une réponse judiciaire ferme serait apportée aux menaces visant sa sécurité.
L’agence de Yoo Hae-jin, VAST Entertainment, a adopté une position résolue dans un message publié le 5 sur les réseaux sociaux officiels. « Nous considérons avec la plus grande gravité tout acte portant atteinte à la vie privée de l’acteur, menaçant sa sécurité ou diffamant son honneur », a-t-elle déclaré. Face aux calomnies infondées et aux attaques personnelles malveillantes qui se répandent récemment sur les communautés en ligne, l’agence rassemble systématiquement des éléments de preuve concernant les publications en cause et a souligné qu’elle engagerait toutes les démarches judiciaires possibles.
Cette riposte ferme intervient alors que la controverse sur l’interprétation idéologique et historique d’« Assassin(s) » s’est muée en chasse aux sorcières visant personnellement l’acteur principal. En ligne, une campagne de boycott d’une enseigne de restauration rapide ayant choisi Yoo Hae-jin comme égérie s’est poursuivie, de même qu’une série de témoignages de désinscription d’applications. Hors ligne, le 4, des membres de plusieurs groupes conservateurs ont organisé un rassemblement devant le domicile de Yoo Hae-jin, situé dans l’arrondissement de Seongbuk, à Séoul, pour réclamer l’arrêt des projections et des excuses publiques.
L’inquiétude gagne également l’ensemble du secteur du cinéma. L’Alliance des professionnels du cinéma a exprimé le même jour, dans un communiqué officiel, sa « profonde inquiétude face à la situation actuelle, dans laquelle les discussions autour de l’œuvre affectent jusqu’à la vie quotidienne et à la sécurité des personnes qui y ont participé ». L’organisation a précisé que la critique et le débat étaient légitimes, mais qu’ils ne devaient pas s’étendre à la vie privée ni menacer la sécurité des intéressés. « Le jugement final sur l’œuvre revient exclusivement au public et à la société », a-t-elle ajouté.
Face à l’aggravation de la situation, le gouvernement a également réagi. Choi Hwi-young, ministre de la Culture, des Sports et du Tourisme, a écrit le 5 sur ses réseaux sociaux : « Aujourd’hui, j’ai instamment demandé à la police nationale et aux autorités compétentes de prendre des mesures pour assurer la sécurité des professionnels du film et des acteurs, ainsi que de faire appliquer rigoureusement la loi contre les actes illégaux, notamment les menaces et les intimidations devant leurs domiciles. »
Le ministre Choi a vivement dénoncé ces agissements : « La liberté d’évaluer un film ne saurait justifier des menaces visant la sécurité des créateurs, qui constituent une destruction de la démocratie. Il est totalement inadmissible que des manifestants se rendent jusqu’au domicile des acteurs et portent atteinte à leur vie quotidienne. » Concernant les appels à suspendre les projections, il a souligné qu’exiger une intervention préalable du gouvernement revenait à formuler « une demande dangereuse visant à ramener le pays à l’ère de la “censure préalable”, interdite par la Constitution », ajoutant que toute question juridique, notamment en matière de diffamation, devait être soumise à l’appréciation de la justice. Il a toutefois établi une distinction : « La critique et le débat sur l’interprétation de l’histoire sont des phénomènes naturels et sains dans une société démocratique. »

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