
À l'occasion de la mise en ligne de l'intégralité de la saison 2 de la série originale Disney+ 〈A Shop for Killers〉, Jeong Yun-ha est revenue sur son attachement au projet dans un entretien sous forme de questions-réponses. Son agence, Saram Entertainment, a publié le 18 cet entretien de Jeong Yun-ha — qui tient le rôle de Kusanagi Jin, l'un des antagonistes clés —, quelques jours après la mise en ligne de l'intégralité des épisodes de la saison 2, le 12.
La saison 2 de 〈A Shop for Killers〉 est une série d'action où Ji-an (Kim Hye-jun), devenue la nouvelle dirigeante du centre commercial, s'oppose au puissant groupe « Babylon » aux côtés de son oncle revenu, Jin-man (Lee Dong-wook). Jeong Yun-ha a rejoint cette saison en tant que nouvelle venue et a incarné le chef de la division Asie de l'Est de Babylon, « Kusanagi », devenant un élément clé de la narration. Son jeu multilingue, en coréen, japonais et anglais, et sa capacité à rendre avec précision les nuances psychologiques — de la froideur aux débordements — ont marqué les spectateurs.
Jeong Yun-ha a expliqué qu'elle avait commencé le tournage deux à trois semaines seulement après la confirmation du casting : « J'étais en même temps engagée dans une pièce de théâtre, donc j'ai préparé dans la précipitation les textes en trois langues et les scènes d'action avec armes à feu, mais cela rend cette œuvre d'autant plus chère à mon cœur. » À propos de Kusanagi, elle a précisé : « C'est un pur résultatiste, presque sociopathe, qui ne se préoccupe pas du processus si l'objectif est atteint. J'ai voulu rendre de façon tridimensionnelle son sentiment d'être un 'étranger' — ni Coréen ni Japonais, ne trouvant de place nulle part au sein de l'organisation — ce manque et cette obsession qui se transforment en désir compulsif. J'ai abordé cette ambition comme la compensation d'un appétit primitif : il croit contrôler ses désirs déformés, alors qu'en réalité il en est dominé. »
Voici l'entretien intégral de Jeong Yun-ha.
Q1. Tous les épisodes ont été mis en ligne. Quelles sont vos impressions après avoir achevé ce projet ?
- J'éprouve un mélange de soulagement et de regret à l'idée que l'histoire de Kusanagi Jin soit désormais complètement accessible. En réalité, le tournage a commencé deux à trois semaines seulement après la confirmation du casting. Étant engagée en parallèle dans une pièce de théâtre, je me souviens m'être préparée dans un état de grande agitation. Avec un texte en trois langues et des scènes d'action avec armes à feu, il y avait énormément à préparer ; rétrospectivement, cet investissement rend cette œuvre encore plus chère à mon cœur.
Q2. Kusanagi, introduit en saison 2, est le chef de la division Asie de l'Est du puissant groupe Babylon et est l'un des antagonistes clés. Quelle a été votre première impression du personnage en lisant le scénario ?
- J'ai interprété Kusanagi comme un stratège qui veut devenir le « grand maître des échecs » : quelqu'un qui conçoit le plan et le manipule à sa guise. C'est un pur résultatiste qui ne prête pas attention au processus si le résultat est atteint. Au fond, je pense qu'il y a chez lui un sentiment d'infériorité lié au fait de ne pas être ni Coréen ni Japonais, et de ne trouver sa place nulle part au sein de l'organisation — ce statut d'« étranger ». Ce manque se transforme en soif de victoire et en obstination ; j'ai assimilé cette obsession à une forme primitive de compensation d'un appétit. J'ai voulu montrer un personnage qui croit maîtriser ses désirs déformés alors qu'en réalité il en est dominé.
Q3. Kusanagi occupe une place centrale dans la narration de la saison 2. Au-delà de son ambition et de ses manques, quel a été votre principal point d'appui d'un point de vue d'interprétation pour rendre son côté impitoyable et son intériorité ?
- J'ai perçu Kusanagi de cette saison comme un antagoniste d'une tout autre nature que celle de « Veil ». Si Veil est proche d'un psychopathe capable de tuer sans émotion, Kusanagi est un sociopathe : il ressent des émotions mais les réprime et calcule de manière implacable pour atteindre son objectif. Je me suis souvent demandé ce que les spectateurs ressentiraient à son propos.
Les personnages de la saison 1 — Jin-man et Ji-an — et leurs alliés avaient déjà construit une narration puissante, et en arrivant dans la saison 2 j'ai beaucoup réfléchi à la responsabilité que cela impliquait. Il aurait été tentant de répondre par une action spectaculaire ; j'ai préféré donner à Kusanagi un charme qui lui soit propre. Comme dans Drunken Master, les maîtres des arts martiaux ont toujours une singularité ; je souhaitais marquer une différence par une singularité imprévisible et inconfortable.
Q4. Votre interprétation multilingue, en coréen, japonais et anglais, a été remarquée. Quelles démarches avez-vous entreprises pour construire le charisme de ce chef aux allures de dirigeant international au fil des dialogues dans plusieurs langues ?
- J'ai voulu donner à chaque langue un visage différent du personnage. En anglais, j'ai conservé un registre soutenu, presque solennel ; en japonais, j'ai opté pour un code masculin tel qu'on l'imagine au sein d'une organisation de mercenaires ; en coréen, je l'ai davantage réglé sur un langage d'homme d'affaires, moins sur celui d'un simple mercenaire. Dans le court laps de temps de préparation, il n'était pas facile de différencier les textures de trois langues, mais il était essentiel de construire la multidimensionnalité du personnage tout en préservant son unité.
Q5. À l'écran, Kusanagi impose une stratégie glaciale et un contrôle des rythmes. Lorsqu'il affronte des personnages différents, comment avez-vous conçu les micro-expressions et les gestes ?
- J'ai beaucoup traduit la psychologie en actions. Ainsi, j'ai naturellement développé des gestes manuels chargés de sens. Sur le plan de l'élocution, j'ai adopté un rythme singulier qui coupe volontairement le flux de conscience, et j'ai cherché à briser un tempo respiratoire standardisé. Ce décalage de tempo, en créant un malaise et une étrangeté chez le spectateur, me semblait le moyen le plus précis de rendre la torsion intérieure de Kusanagi.
Q6. De la relation contenue avec Q, J, K aux tensions avec Jin-man, Ji-an et Veil, comment s'est déroulée la dynamique avec les autres personnages ? Avez-vous des souvenirs de plateau ou des échanges d'énergie dont vous vous souvenez particulièrement ?
- D'abord, Kim Hye-jun, qui incarne Ji-an, a une présence qui attire naturellement beaucoup d'attention sur le plateau, à l'image de ce qu'elle dégage à l'écran. En tant que nouvelle venue de la saison 2, j'ai beaucoup bénéficié de son soutien pour m'intégrer.
Lee Dong-wook a été, en tant que vétéran et collègue expérimenté, un pilier sur lequel m'appuyer. Fort de son expérience et de son statut de vétéran, il m'a prodigué de nombreux conseils. Pour donner plus de réalisme à mes scènes, il est allé jusqu'à jouer avec moi les plans où il fallait que j'interagisse, même pour une scène où il joue allongé sur un béton froid — il a partagé l'effort pour que mon jeu paraisse vrai.
C'est grâce aux acteurs de la saison 1 que Kusanagi a pu voir le jour. Je les en remercie.
Q7. La progression du personnage, qui bascule dans la seconde partie et finit par connaître sa fin, laisse une image forte. Quels sentiments avez-vous éprouvés en jouant les derniers instants où se mêlent émotions contradictoires ?
- C'était le moment où un personnage oscillant entre froide raison et désir brûlant s'effondre. Ayant vécu sous une contrainte compulsive, il succombe finalement à ce qu'il réprimait : je souhaitais que, lorsque la maîtrise se brise, surgisse le moi le plus mesquin et pitoyable. Et j'espérais que l'aboutissement de ce désir apparaisse vide et dépourvu de sens.
Q8. Vous construisez une filmographie riche, entre cinéma, séries et théâtre. Quelle place occupe la saison 2 de 〈A Shop for Killers〉 et le rôle de Kusanagi dans votre parcours d'actrice ?
- Il se peut que certains spectateurs aient trouvé ma façon de jouer inhabituelle. Pourtant cette aventure m'a poussée à réfléchir profondément à la diversité de mon jeu. Par ailleurs, en tant qu'actrice qui travaille pour un public large, j'en suis venue à penser que cultiver une proximité avec le public est aussi une qualité essentielle pour un acteur. Pour moi, Kusanagi Jin a été à la fois un défi et une leçon — un personnage qui restera longtemps.
Q9. Enfin, un dernier mot pour les spectateurs qui ont suivi 〈A Shop for Killers〉 saison 2 et ont accompagné le parcours de Kusanagi jusqu'au bout ?
- Ce personnage a été construit de façon très intense malgré le court temps de préparation ; je vous remercie sincèrement d'avoir suivi l'histoire jusqu'au bout. À l'avenir, je m'efforcerai d'apparaître sous des facettes encore plus variées et de me rapprocher davantage du public. Prenez soin de vous et soyez heureux.



댓글 (0)
댓글 작성
댓글을 작성하려면 로그인이 필요합니다.
로그인하기